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C'est comme cela

« C’est comme ça, lalalalalala » vous vous souvenez de cette chanson des Rita Mitsouko, groupe déjanté créatif comme on les aime. Non je ne vais pas faire une note musicale mais vous faire part, encore une fois, d’une situation d’entreprise que je synthétise par «c’est comme cela ».

Gwenaëlle est une jeune stagiaire qui a intégré un service de contrôle de gestion avec le désir d’apprendre tout ce qu’elle peut. Une semaine après son arrivée, elle vient voir son responsable avec une liste de questions très structurée sur l’activité, les outils, les gens, etc. Jean Marie, son responsable, ne sait pas répondre à toutes les questions posées. Mais au lieu de dire qu’il ne sait et qu’il va rechercher des pistes de réponse, il lui répondit de manière laconique et imposée « C’est comme cela » aux trois quart de ses questions. Ne trouvant pas de réponses à ses questions, Gwenaëlle s’est mise en situation de retrait et son envie s’est peu à peu transformée en révolte larvée.

« C’est comme cela » est tout ce qu’il ne faut pas faire d’un point de vue managérial. Cette affirmation montre l’incapacité du responsable à trouver des solutions et/ou poser un problème et signifie une forme d’imposition avec, de manière sous-jacente, « tu la boucles et si tu n’es pas contente tu vires ».

Rédigé le vendredi 23 décembre 2005 dans Mon chef est un con | Lien permanent | Commentaires (2)

La stratégie Colombo

Vous connaissez tous la série Colombo est son interprète Peter Falk qui joue le rôle d’un inspecteur. Le personnage apparaît toujours comme gauche, à côté de la plaque et usant de références inappropriées au contexte avec des répliques désormais célèbres comme « Ma femme m’a dit …. Mon beau frère voudrait acheter le même…..mon chien dort tout le temps, etc. !; ». L’effet est garanti, personne ne se méfie et personne le voit arriver. En fait, sous des airs bonhommes, le personnage mène les protagonistes d’une affaire là où il veut sans que ces derniers ne s’en rendent compte. Exaspéré par ces maladresses, son accoutrement et sa manière d’être, ils ne peuvent imaginer en lui un fin stratège doué d’une intelligence qui dépasse très souvent la leur.

J’ai eu le plaisir de pouvoir en rencontrer en entreprise. On a très souvent l’image des chefs brillants (au sens propre et figuré) qui illuminent voir éblouissent leurs collaborateurs. On ne voit qu’eux. Leurs prestance, symboles et accessoires sont les éléments de leur reconnaissance. De manière institutionnelle, ils jouissent d’un statut que leurs confèrent leurs qualités mais parfois les deux se mêlent au risque d’en perdre ces mêmes qualités. Et à côté de ces firmaments, vous avez des Colombos, des personnes tranquilles qui progressent sans briller et utilisent le « contre emploi » pour avancer. Leur qualité d’observation du réel et des relations humaines leur permet de comprendre très vite les enjeux et les modalités relationnelles. Ils savent, plus que tout autre, trouver les mots justes pour se faire accepter sans qu’il y ait des sentiments de concurrence. Les « colombos » arrivent plus rapidement et efficacement à leurs fins. Ils sont en mesure de faire aboutir une négociation, de faire avancer un projet, de motiver des personnes, etc.

Ces personnes ont, ce que j’appelle de « l’épaisseur », non pas dans leur physionomie mais dans leur esprit. Ils savent prendre le recul, analyser, rassurer et surtout « faire mouche ». J’ai eu la chance de commencer ma carrière professionnelle avec un colombo et je l’en remercie de m’avoir ouvert les yeux sur ce que peut être une intelligence de situation.

Rédigé le dimanche 26 février 2006 dans Mon chef est un con | Lien permanent | Commentaires (0)

Toute chose étant égale par ailleurs

« Cette procédure s’applique à tous les services de l’entreprise, toute chose étant égale par ailleurs – Le principe de réduction des coûts devra s’appliquer à toutes les branches, toute chose étant égale par ailleurs. »

Pourquoi, lorsqu’un principe est énoncé, l’émetteur se sent très souvent obligé de rajouter « Toute chose étant égale par ailleurs ». Cette expression est issue de l’économie pour préciser qu’un modèle n’est valable que dans le contexte pour lequel il a été émis et que sa transposition dans d’autres contextes ne peut se faire telle quelle mais nécessite une adaptation.

Cette phrase est de plus en plus reprise en entreprise pour signifier qu’un principe ne peut s’appliquer de manière absolue mais nécessite d’être contextualisé et adapté. Est-ce une précaution oratoire pour éviter les reproches et commentaires sur le style « ce n’est pas adapté à ma réalité » ? Est-ce une manière de donner des marges de manœuvre aux personnes qui auront à appliquer ce principe ? Bien souvent cette phrase est utilisée comme une forme rhétorique pour ne pas avoir à s’expliquer et en laissant croire aux interlocuteurs qu’ils auront des degrés de liberté et des marges de manœuvre. Je dis bien laisser croire car dans la plupart des cas les principes sont entérinés et leur standardisation absolue apparaît plus importante aux yeux des dirigeants contrôleurs que leur déclinaison et adaptation.

De manière fausse et hypocrite, serions-nous rentrés dans l’ère de la normalisation à outrance pour satisfaire les contrôleurs au détriment des opérationnels qui doivent s’adapter à une réalité de terrain qui n’est pas égale par ailleurs

Rédigé le dimanche 12 mars 2006 dans Mon chef est un con | Lien permanent | Commentaires (6)

Le stress du patron

Vous sentez parfois dans les bureau monter une ambiance électrique où n’importe quelle étincelle humaine peut devenir un brasier relationnel. Très souvent cet état est dû à la manière dont le patron donne le tempo de l’ambiance.

Or un chef ce n’est pas qu’une personne qui nous contraint mais également celui (normalement) qui assume une responsabilité de réalisation. Un patron est celui qui organise, qui négocie, qui pense le système pour que celui-ci produise les produits et prestations attendus.

Outre le fait que cette fonction fait l’objet d’une rémunération en relation avec la prise de risque et les compétences exigées, le chef vit des moments de stress, des moments où il perd pied et ne sait plus comment solutionner ses problèmes qui sont multiples. Les chiffres ne sont pas bons, l’ambiance exécrable, certains collaborateurs font de la résistance, d’autres services ne fonctionnent pas normalement, etc. Tous ces dysfonctionnements, qui pris isolément peuvent paraître gérables, se combinent et créent un sentiment de « J’en ai marre et je vous déteste tous ». Cela n’est jamais dit car il y a des règles de bienséance et un patron ne doit pas avouer son impuissance mais les signes, mots et attitudes ne trompent pas. Les remarques désagréables pleuvent à averse, les injonctions sont légion et les ordres deviennent des missiles qu’il faut savoir éviter.

Que faire ? laisser passer l’orage ? lui en parler ? obéir ? Je vous répondrai que cela dépend de la capacité d’écoute de votre patron et de sa personnalité. Si il le mérite (c’est à dire que c’est rare et justifié), comprendre ce qui pose problème et lui proposer des solutions. Sinon le laisser dans son abîme et c’est à lui de comprendre que ses collaborateurs n’ont pas à subir son stress et que, malgré les difficultés qu’il peut rencontrer, il doit toujours être maître de son état relationnel et savoir prendre du recul sur les événements. En fait si cela vous arrive, envoyer votre patron suivre des séances de coaching et dites lui,: « celui qui ne se perd pas ne découvrira jamais de nouveaux chemins » (Joan Littlewood metteur en scène de théâtre ).

Rédigé le lundi 02 octobre 2006 dans Mon chef est un con | Lien permanent | Commentaires (0)

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