J’ai eu l’occasion de participer à une émission de radio sur BFM sur le thème de la flexibilité de l’emploi avec Jean Hervé LORENZI (Economiste), Rémy ROBINET-DUFFO (Président du MEDEF Ile de France) et Bernard GOMEL (Chercheur au centre D'Etude et de L'Emploi). Invité en tant que spécialiste de l’entreprise, j’ai débattu avec ses trois acteurs et l’animateur Vincent Giret sur ce thème en relation avec le CNE et CPE très controversé.
Tous avons constaté que la flexibilité de l’emploi était nécessaire voire indispensable au fonctionnement des entreprises actuelles. La concurrence, la mondialisation, la technologie et la financiarisation sont autant d’éléments qui obligent l’entreprise à gérer de manière flexible ses ressources humaines. Nous sommes tous responsables de ce fonctionnement : nous sommes des consommateurs changeant et exigeants. Nous sommes également des investisseurs qui exigent des rentabilités accrues. Nos exigences sociales et consuméristes se matérialisent par des contraintes d’adaptation et de changement au sein des entreprises qui nécessitent d’adapter leurs ressources à leur niveau d’activité. Cependant, nous ne pouvons, pas d’un point de vue sociétal, accepter que des grands groupes engrangent des profits records au détriment de la rémunération en promouvant la précarité. L’emploi demeure le grand dossier de notre société et nous devons envisager toutes les formes pour que tous ceux qui le peuvent en obtiennent un. Pour cela, il faut imaginer différentes formes d’accès au monde de l’entreprise pour tous ceux qui en sont exclus. Le CPE et le CNE constituent des opportunités de faire rentrer dans le monde de l’entreprise des personnes qui en sont actuellement exclues. Mais cette opportunité ne devrait-elle pas être plus particulièrement réservée aux PME qui créent des emplois, aux jeunes sans qualification avec un contrat de professionnalisation associé. Au lieu de légiférer de manière standard, ne devrait-on penser à des solutions en fonction des branches d’activité et de la taille des entreprises. Le plan Borloo dans les services va dans cette direction mais sa complexification le rend difficilement opérationnalisable.
Essayons au lieu de dire non et demandons aux entreprises de proposer en contrepartie de cette flexibilité des obligations de formations et de rémunérations supplémentaires.
Ayons cette culture du risque et enseignons-là dans nos écoles et universités pour qu’émerge un mouvement d’entrepreunueriat créateur d’entreprises et d’emplois.
N’attendons pas tout de l’état et des grandes institutions, créons nos propres entreprises avec l’idée de les faire fonctionner avec plus d’éthique et de participations que certains grands groupes.
Ce renouveau de l’accès à l’emploi ne peut se faire sans proposer à tous les salariés une certaine sécurité. Un individu n’est pas un stock de marchandise que l’on solde lorsque l’on en a plus besoin. Pour cela retournons nous vers l’état et la société plus généralement. Cela se matérialise en terme d’indemnisation du chômage mais surtout en terme d’accompagnement des personnes en situation de recherche et/ou de repositionnement. Le traitement que l’on réserve aux chômeurs en terme d’orientation est une honte et les Assedics devront se transformer pour être des sociétés de placement et non des administratifs qui se limitent à faire un travail de comptabilisation. Comme le soulignait JH Lorenzi lors de notre débat : « Inspirons-nous des maisons de placement en Angleterre qui accueillent les chômeurs tous les 15 jours ou encore des dispositifs d’accompagnement des pays d’Europe du Nord. » Tout est à construire mais tout est possible.
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