Cette blague est extraite du livre « C’est n’importe quoi » - Chapitre « Ras le bol des réformes imposées » à la page 29
Un jeune consultant part en vacances en province. Consultant d’un très grand cabinet, il a grimpé tous les échelons pour devenir l'un des numéros 1 (c’est un progrès des DRH que de faire croire qu’ils sont tous numéros 1). Il part donc en vacances avec ses vêtements de marque, ses lunettes de soleil dernier cri, sa voiture noire cabriolet et, bien sûr, son indispensable ordinateur portable. Celui-ci portable est au consultant, ce que le sabre laser est au Jedi : son instrument de combat et la matérialisation de son appartenance. Le voilà sur une route de campagne, il est bloqué derrière un troupeau de moutons conduit par un berger. Le consultant s’offusque qu’un paysan puisse ainsi bloquer la route, lui faisant perdre quelques minutes de sa location avec piscine dans le Lubéron. Agacé, il descend de voiture, l'interpelle en lui demandant s'il en a pour longtemps. Le berger lui répond : « Quand les moutons auront fini de manger l’herbe sur le bas-côté ». Le consultant, excédé, se demande pourquoi il n'a pas pris l’autoroute. Il se décide à aller parler au berger et, après un court échange de politesse, ressent l'irrépressible besoin de montrer qu’il est le meilleur et qu’il est prêt à affronter toutes les épreuves. Il lui propose le marché suivant : si je découvre le nombre de moutons est-ce que j’aurai le droit d’en prendre un ? Le berger acquiesce. Le consultant sort alors son appareil photo numérique, prend plusieurs photos sous différents angles puis les intègre dans son ordinateur portable avant de se connecter à l’Intranet de son entreprise afin de solliciter l'aide d'experts en algorithmes à Chicago pour trouver la densité des moutons et leur nombre. Après 30 minutes, il revient tout content avec le nombre de moutons : 107. Le berger, fort étonné, lui fait signe que c’est le nombre exact. Le consultant se dit : « Je suis trop fort et j’ai gagné un mouton ». Le berger l'autorise à prendre un petit mouton, ce que fait le consultant. Avant de dire au revoir au consultant, le berger lui demande s'il pourra reprendre son mouton s'il devine son métier. Le consultant relève le défi. Le berger lui dit : « Vous êtes consultant ». Médusé, le consultant lui demande comment il a pu deviner. Le berger lui répond qu’il a deviné pour trois raisons :
- Vous êtes venu me voir alors que je ne vous avais rien demandé.
- Vous m’avez dit ce que je savais déjà, le nombre de mes moutons.
- Vous ne connaissez rien à mon métier car vous avez choisi un chiot et non pas un mouton.
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