«est-ce que tu penses que notre réunion de ce matin était utile ? Moi je n’en n’ai pas l’impression. Je l’ai trouvée inutile tant pour moi que pour l’entreprise. Je me suis ennuyé et vu le nombre de participants et le peu de résultats obtenus, je pense que c’est inutile pour l’entreprise. De la à dire que notre activisme bureaucratique n’est pas là pour être utile mais simplement nous occuper. » Ce commentaire est assez intéressant et se trouve être porté par de plus en plus de personnes en entreprise. Dans un environnement informationnel, surcodé et éloigné de la réalité où les temps de conception et de coordination deviennent plus importants que ceux de la production, de nombreux salariés s’interrogent sur l’utilité de leur travail pour eux mais plus généralement pour la société. Les salariés les moins touchés par ce syndrome sont ceux qui sont en relation avec la production (les techniciens), les innovations (les chercheurs et concepteurs), les dirigeants et les opérationnels en relation avec la production et/ou le client. Toux ceux qui ne sont pas dans ces sphères se retrouvent dans les niveaux managériaux et tertiaires de l’entreprise et s’interrogent sur l’utilité de ce qu’ils font. La notion d’utilité est très forte car elle renvoie au fondement même de sa participation au monde. Cette interrogation montre que les discours d’entreprise n’ont pas su apporter des éléments de réponse à certaines populations qui avouent être de plus en plus paumées. Ils ne sont plus en mesure de prouver leur apport au monde et par la même utiliser cet argument pour se présenter et se positionner socialement. Il me semble qu’il y a un gros travail d’un point de vue managérial pour redonner de l’utilité à un certain nombre de postes et fonction qui ne le perçoivent pas systématiquement en raison de leur éloignement des pôles d’utilité naturel. Les discours uniquement axés sur la performance ont leur limite lorsque cette utilité disparaît. Un salarié témoignait ainsi, « je veux bien me battre encore faudrait-il savoir pourquoi ? "
Oui je suis d'accord avec cette réflexion sur l'utilité de notre travail. Pourquoi travaillons nous ? J'ai lu récemment "L'art du bonheur - Tome 2" de sa Sainteté le Dalai Lama, et une des pistes de réponses que j'ai pu y trouver était celle-ci : notre travail doit nous enrichir personnellement(à tous points de vue) mais surtout apporterquelque chose à AUTRUI . Posons nous la question si ce que nous faisons tous les jours a un impact sur la vie d'autres personnes, que ce soit dans l'entreprise où nous travaillons, ou dans la vie en général, et quelque part, je pense que cela peut donner un vrai sens à ce que nous faisons...
Rédigé par: bibi | jeudi 20 septembre 2007 à 10:54