« Notre entreprise doit se transformer et accroître ses marges pour répondre aux attentes de nos actionnaires. Nous devrons innover de plus en plus pour répondre à la pression concurrentiel. Il en est ainsi et c’est le sens de l’histoire. »
Comment peut-on avancer comme justification une simple incantation du type « C’est le sens de l’histoire ».
Le sens de l’histoire me fait penser aux propos d’Adams Smith au XVII eme siècle, un des fondateurs de l’économie, qui parlait de la main visible du marché. Tel un dieu, le marché régule les transactions au grès de l’offre et de la demande. Est-ce la même signification qui est sous-jacente à l’expression « le sens de l’histoire » ? Serait-ce une manière plus hypocrite de ne pas être en mesure d’apporter des éléments suffisamment objectifs pour justifier et expliquer un projet ou une orientation ?
L’engagement des salariés et la coordination dans les entreprise se construit sur de la communication et de la confiance et non du dogme mystique. Le marché est devenu un dieu que l’on ose plus remettre en cause de peur de s’attirer ses foudres. Mais le marché n’est pas une entité céleste indépendante de nous, c’est nous qui le créons par nos innovations et notre volonté de créer un monde dans lequel nous nous reconnaissons.
Marx disait « les hommes font l’histoire sans savoir qu’il y participent ». Ils oeuvrent pour ce qu’ils pensent bien (individuellement et collectivement) de manière plus ou moins volontaire et consciente mais en aucun cas ils se positionnent par rapport à la construction d’un mouvement historique. Par conséquent attention à l’utilisation d’une telle formule réductrice de ce que peut être une aventure humaine où chacun est co-constructeur et ne doit en aucun cas de sentir dépendant de quelque chose dont la finalité ne peut lui être explicitée.
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