En Angleterre et plus généralement dans le monde anglo-saxon, les réunions débutent par une blague ou un trait d’humour à l’initiative de l’animateur. Avec l’objectif de détendre l’atmosphère et de ne pas se prendre trop au sérieux, ils prétendent qu’il est important de briser la glace (ice breaking) pour mettre les différents participants à l’aise. Il n’est pas rare de voir un consultant faire une blague sur sa non connaissance de l’entreprise ou un chef dire « vivement que les chefs partent en vacance pour enfin être tranquille ».
Et nous en France, osons-nous l’humour ? J’ai l’impression que nous sommes très timides à utiliser ce mode d’expression. Nous considérons-nous investi d’une mission dont le sérieux ne permettrait pas que l’on ai recours à l’humour ? Est-ce la peur de ne pas faire assez sérieux et perdre de la légitimité ?
Le trait d’humour est un exercice très délicat. Sans sombrer dans le vulgaire, la légèreté des propos n’est qu’un prétexte à sourire de nous et de nos pratiques. Ne pas se prendre au sérieux pour être encore plus sérieux ! Transformer une contrainte de travail en séance de plaisir où l’on se sent détendu et mieux à même de participer à l’échange ! Un discours ou une présentation ne peut se résumer à une somme de blagues. Mais savoir en placer une pour détendre l’atmosphère et créer les conditions de l’échange constitue une compétence managériale rare. Le sourire esquissé, le c’est « bien vu », le regard complice sont autant de signes qui montrent que l’humour joue son rôle de détente et de facilitateur.
Très souvent, pour introduire une formation sur la conduite du changement, je cite Francis Blanche « Il faut mieux penser le changement que changer le pansement » ou bien Edgar Faure « En décrétant le changement, l’immobilisme s’est mis en marche et je ne sais plus comment l’arrêter »…
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